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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 18:51

Je me suis réveillé la bouche pâteuse par un son aigu, rapide, régulier, comme un lendemain de fête, un peu trop arrosé. Les paupières clignantes, ébloui par les rayons du Soleil qui transperçaient par les rideaux vénitiens. Où suis-je, me demandais-je. Une jolie jeune femme en robe blanche s'afférait à mes côtés, de dos. La première déglutition était difficile, alors que me revenais les derniers souvenirs. A genou, l'épée à la main, je regardais le sol, alors que ma vue m'abandonnait en même temps que ma conscience. Combien de temps s'était-il passé depuis? Cela semblait il y a 10 secondes, comme une éternité. mes membres étaient endolori, endurci d'un étau qui moi seul voyait. Et toujours ce bip-bip qui  commençait déjà à m'agacer. La jolie brune se retourna, et son sourire maquillé d'un rouge à lèvre plus rouge encore qu'une rose me transperça le coeur. Elle posa délicatement sa main sur mon épaule, et s'éloigna dans la grande pièce vide, laissant apparaître une curieuse machine qui semblait si bien imiter les battements de mon coeur. Alors que je découvrais mon nouvel environnement qui reniflait drôlement l'éther d'une morgue en plein jour, je voyais le feuillage des arbres jouer avec le vent. C'était le printemps, et le temps laisser deviner les dernières fraîcheurs d'un mois que j'estimais février ou début mars. Le Soleil était encore rasant, il devait être tôt. Je me sentais léger, comme sur un nuage, là où la gravité n'avait plus lieu d'être. Un étrange sentiment de sérenité, d'apaisement, non pas une joie immense mais un calme intérieur que rien ne semblait pouvoir menacer. Je tentais de me redresser, et une douleur fulgurante me prit le haut du corps. Un fil, une perfusion, me tiraillait la peau, un liquide transparent en inondait mes veines. Ma jolie inconnue revint avec ce sourire qui pourrait faire fondre une armure, une seringue à la main, et s'appliqua à en déverser le contenu dans mes extensions artérielles. Et toujours ce maudit sourire, celui qui veut vous dire que tout ira bien alors même que le pire est en train de se dérouler. "Tout ira bien." m'asséna t-elle, avant de s'éloigner à nouveau. Mon regard se tourna alors vers le moniteur, dont le chiffre, imperceptiblement, baissait, de la lenteur de l'hiver qui prend son temps pour geler les plaines fertiles. Je m'enfonçais avec une ardeur toute relative dans l'oreiller qui confortait tant bien que mal ma position semi-couchée. Le plafond, les murs, le sol, les draps, même l'infirmière étaient d'un blanc immaculé. Il n'y avait qu'un vieux poste télé pour trancher de son gris derrière ses vitres de protection. Une étrange et lourde fatigue s'abattait sur mes paupières, alors que mes yeux tentait toujours de suivre la brune aux sourire de circonstance. M'aurait-elle drogué? Les bip-bip se faisait toujours plus espacé, et chaque mouvement semblait un effort surhumain. Je tournais une dernière fois le regard au compteur, qui défilait maintenant à grande allure, semblant sprinter toujours plus rapidement vers le 0. J'eu un dernier regard, non pas horrifié, mais réconfortant vers celle qui accompagnera mes derniers instant. Elle s'approcha au plus près de moi, je pouvais plonger mon regard dans le creux de sa blouse, mais celui-ci était happé par son regard des plus profond. Elle approcha son sourire narquois de mon visage, et sa main plongeait alors vers mes yeux, et referma lourdement mes paupières. "Ca va aller", répéta t-elle, alors que je m'enfoncais toujours plus profondément dans les noirceurs de mon esprit. Les bip-bip, devenu lent et irréguliers, semblaient s'éloigner, et, alors que je tentais de me raccrocher au moindre stimuli, un oiseau qui piaille dehors, cette odeur d'éther, le draps qui se froissait dans mes poings, ce goût pâteux dans ma bouche, le monde lui-même semblait s'évanouir. Et, presque soudainement, un son strident, continu, résonna dans ma tête. J'haletais, comme un instinct de trouver l'air qui ne parvenait alors plus dans mes poumons. Un voile blanc inonda le noir de mes paupières closes, et un étrange sentiment d'apaisement, de calme, de volupté s'empara alors de tout mon corps, de toute mon âme. Alors que tout s'arrêtait, j'eu une dernière pensée émue à tout ceux qui ne purent avoir une aussi belle mort que la mienne. Je sombrais, souriant, curieux, impatient, dans l'inconscience la plus totale, la plus profonde, celle dont on ne revient jamais. Enfin, j'étais heureux. 

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Published by Morgurgh
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