Jeudi 26 mars 2009

Il y a des vérités qui font mal. Celles d'entendre de la part de sa mère, sa nourricière, sa protection, qu'on ne mérite pas ce que l'on est, ce que l'on a.

Je me suis souvent demandé si ma plus grade soeur n'était pas un modèle de reussite pour mes parents, qui aurait voulu que mon autre soeur suive le modèle. C'est elle-même qui a suivi ce propre modèle, voulant égaler une vie reussie. Elle a reussi de sa manière, et d'une façon beaucoup plus glorieuse. Bien que ma plus grande soeur ai reussi avec des facultés qui n'appartiennent qu'a elle, à s'endetter pour reussir ses études, à passer des nuits blanches à travailler, mon autre soeur s'est demenée à essayer de se trouver, de trouver quelqu'un qui lui convienne. Malgré ses erreurs et ses echecs, elle a reussi à avoir une vie posée et qui lui est agréable.

Mais il est venu moi. Je suis apparu alors que ma plus grande soeur était au départ de ses plus grandes oeuvres, ses années d'études. J'ai grandi dans l'insouciance et sans que l'on espere beaucoup de moi, juste que l'on me demande de reussir. L'on m'a gâté, surement trop gâté, et je ne me suis pas rendu compte du cocon que l'on faisait autour de moi. Je me rend compte après ces années passées, que mon père fondait sur mes épaules ses espoirs, voulant le meilleur de moi dans son écolé, puis par la suite, refusant mon echec, au deça de mon bien-être. Bien-être qui a été compensé par du matériel, au dépit de la présence rassurante et nécéssaire d'un père qui n'était pas à mes cotés.

Durant ces années, j'ai glorifié mon père, idôle d'une vie qui a reussi, qui a une profession prenante, des responsabilités, un charisme imposant. J'étais fier, c'est sûr, de lui.

Lorsqu'il a quitté ce monde trop parfait, d'une vie de famille certe non complète, mais présente et aisée, pour se réfugier dans un monde d'alcool, de sang et de tristesse, une grande part de moi s'éffondrait. De part l'impression d'invincibilité que j'avais de lui, mais aussi par la symetrie que j'avais fait de sa vie et de la mienne. Les erreurs, même pour les pères, étaient possible, et sa souffrance deteintait bel et bien sur moi.

Lorsque mes fins d'études secondaires se finissaient et que j'étais au plus bas, je fût porté tant bien que mal par ma mère, qui essayait de tenir encore debout une famille disloquée, et un enfant encore en construction qui devait obtenir son bac.

 

Je l'ai obtenu et j'ai pu attaquer des études de commerce, comme ma plus grande soeur, modèle de reussite, et je comptait suivre le mêmechemin qu'elle, afin de ne pas decevoir, et de montrer que je pouvais reussir. Mais au fur et à mesure que mes études se poursuivait montait en moi le dégout de ces pratiques commerciale, et je ressentait le besoin de quitter le commerce.

 

L'incompréhension de ma mère devant ma démotivation à poursuivre mes études supérieurs était flagrante. Alors que mon autre soeur arrêtait les études pour entamer une vie professionnelle bien rempli, sans l'ambition de faire de grande études, simplement de réussir sa vie, se profilait devant moi l'echec des études supérieures, et l'incompréhension de ma mère à comprendre que je m'etait trompé de filière se faisait grandissant. Je n'osais avouer que j'avais choisi cette filière pour faire plaisir à ma mère, mais elle ne pouvait croire que l'on ne pouvait pas se motiver à quelque chose qui deplaît veinalement.

 

Je crois que la comparaison avec le succès de ma plus grande soeur est flagrant. Alors que je succédais les heures de sèche, préférant rester blottis dans mon appartement tout frais payé par ma mère, qui ne cessait de répéter que ma plus grande soeur n'avait pas eu tout ca (ordinateur portable, appartement de 18m², animal de compagnie...) et montait en moi l'envie de montrer que je voulais faire autre chose. Mais la pire des blessures fût-elle sanglante a été d'entendre ma mère dire que ma plus grande soeur n'avait pas eu besoin de tout cela pour reussir une belle carrière et que je devais me sentir coupable vis-à-vis d'elle.

 

Ces paroles aussi vraies soient-elles, ne devraient pas sortir de la bouche d'une mère qui jure ne pas avoir de préférence pour ses enfants. Alors qu'elle s'efforce de rester neutre et de conseils loyaux et prude devant les ennuis quotidiens de ses enfants, devraient-elle pousser la comparaison?

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J'ai trouvé ma plus grande phobie, qui est de decevoir mon père. Autant ma mère n'est plus proche de personne, autant je ressent sur mes épaules le souhait de mon père que je reussisse, et mon souhait de voir de la fierté dans ses yeux. Rien que le fait de penser que je puisse un jour le decevoir me fais monter les larmes aux yeux. Il est vrai que voir la deception dans les yeux de ma mère est dure, mais d'autant plus dans les yeux de mon père à qui j'ai voulu tant ressembler.

Ou est ma faute? Surement le fait de ne pas tout faire pour mériter tout ce qui m'entoure. Je sais que je suis gâté, je sais que j'ai tout ce qu'il me faut, je sais que ma soeur a travaillé dur pour avoir tout ce qu'elle a, et qu'elle le mérite, contrairement à moi. Mais je sais que j'ambitionne autre chose que de rentrer dans les carcans sociaux de la vie, et que la fierté de mon père n'a pas de prix. Mais j'ai tellement souffert de devoir porter ma mère et mon autre soeur durant cet épisode tragique, lors de mes 17 ans, lorsque je devais croquer la vie à pleine dent, et que je portais le lourd secret de mon père que j'essaie de détourner cette page definitivement tournée mais pas oubliée.

Par Morgurgh - Publié dans : Inclassable
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