Peut-on fuir l'amour durant toute sa vie?
J'éspère bien. J'éspère bien pouvoir me protéger d'aimer quelqu'un. Trop de souffrance n'a fait que couler pour conquérir un coeur qui s'est éloigné de moi, et je n'ai pas ce pouvoir de
séduction.
Je n'ai pas, et n'aurais jamais, cette confiance en soi de ceux qui ont su conquérir un coeur, un amour.
J'ai une grande confiance en moi au point de vue personnel, je sais ce que je vaux et je sais ce que je peux faire. Mais je sais aussi ce qui est au deçà de mes limites. Et me laisser faiblir
devant quelqu'un est au dessus de mes limites.
Je ne veux plus revivre ces jours passés, à attendre qu'elle revienne, à attendre de ses nouvelles. Je ne veux plus me torturer l'esprit car elle ne reviendra peut-être pas. Sauf que là, c'est moi
qui ne reviendra pas.
L'heure du départ approche. Au fond de moi, j'aurais besoin de revenir, ne serait-ce que pour revoir des amis. Mais je sens que je ne devrait pas revenir. Que ce serait mauvais de revenir.
Ferais-je mieux de "mourir" et de laisser place à une autre personne? je sais que je n'ai fait que fuir durant de nombreuses années. Fuir la souffrance, me fuir. On me reproche toujours de
fuir, de ne pas affronter les problèmes. Je les fuis justement pour ne pas les affronter, pour ne pas me causer plus de souffrance que je n'ai déjà.
Qui m'en voudra? Surement un ami très proche, qui m'en voudra très certainement. Mais... qui d'autres?
Je pourrais toujours donner des nouvelles. Oui je vais bien. Ou pas. e laisserais beaucoup de choses derrière moi, et pourtant si peu de choses. Beaucoup de souvenir, mais quelles traces? Une
infime emprunte?
Je me rend compte que les reproches que j'essuie sont du fait de moi-même. Pas de mes actes, mais de moi-même, de ce que je suis. Je n'accepte pas ce que je suis, et qui m'accepte tel que je suis?
je devrais prendre ces affronts comme des signes d'une remise en question de moi-même. Mais je n'ai pas la force moral pour me remettre en question. Je n'ai déjà plus la force pour supporter ce que
je suis, à quoi je ressemble.
C'est un profond malaise et mal-être qui me hante, et que je dissimule comme faire ce peut. Mais arrivera bien un jour ou il faudra y mettre un terme. et je n'y vois pas deux chemins. Onze années
de galère avec moi-même, sur vingt années passées à me contempler. Est-ce trop? Trop pour moi, mais aussi trop pour mon entourage.