Doutez de tout, y compris de ce que vous allez lire.
Comme la montagne solitaire que rien ne dérange;
L'arbre aux branches meurtries de s'être trop éventées;
Le rocher immuable que le temps érode de vagues louanges;
Craquent encore mes doigts d'avoir laissé trop de larme perler.
Les saveurs exquises de l'innocente jeunesse derrière moi,
Ont laissé place aux doutes de l'inconnu chemin sous le brouillard.
Trop de questions ont hélas trouvé réponses au goût d'effroi,
Les yeux bien trop ouvert pour voiler le mystère des pâles regards.
Non, je ne fuirais pas, me répétais-je sans cesse,
Faut-il y avoir ne serait-ce qu'une petite place pour mon âme?
Perdu à l'horizon nappé des nuages qui nous caressent
Comme pour cacher que l'avenir agonise sous l'oriflamme.
Aujourd'hui, les questions ont laissé place aux hurlements du silence,
Même la nuit s'est éteinte aux espaces infinies et dédaigneux.
Seuls mes soupires déchirent-ils encore et masques les apparences,
Ne suis-je plus qu'un homme, seul et malheureux.