Doutez de tout, y compris de ce que vous allez lire.
Cela fait si longtemps qu'on a plus entendu
Chanter dans le vent la grosse Marie
Les habitants, elle ne les reveille plus
Quand chante le coq sur le parvis.
Elle n'a pas sonné depuis tant de temps
Les années ont égratigné ses dorures
Des rides dans le bronze vieillissant
Ont peu à peu erodé sa tinte pure.
La cloche du village s'est tue
Fatiguée de chanter pour les morts
Les mariages, elle ne les célèbre plus
Au fond de son grenier, elle dort.
Jamais plus on ne reveillera la grosse Marie
Chaque cérémonie qu'elle ne fête pas
Lui fait souvenir du temps qui s'est enfuit
Plus de carilloneur pour sonner le glas.
Au pied de sa tour dort ses morts
Ceux qu'elle enterrait du temps jadis
Pour elle, personne n'inhumera son corps
Point de cercueil, point de cérémonie.