Doutez de tout, y compris de ce que vous allez lire.
-Regarde-là, dormir paisiblement. Si paisible. Et pourtant elle est si tourmentée. Comment effacer ce tourment au fond de son regard, de son sourire, de ses rires? On n'oublie pas, on vie avec. Je voudrais tant la soulager de tant de douleur. Je ressents ce qu'elle préssents au fond de son coeur. Chaqu'un de ses aiguilles et pour moi un poignard. Ais-je une place dans ses tourments? Il n'existe pas de tels réponses, seulement des questions. Elles subistent, elles persistent. Il fait soleil dans notre ciel, mais que sont ces nuages, qui ne menacent pas, ou du moins pas encore. Je n'ai pas peur, je ne suis pas effrayé. De quoi aurais-je peur? Devrais-je avoir peur?
-A toi de le savoir.
-Elle est apparu à moi comme le soleil apparaît après des années de brouillard, de pluie, d'orages. Il fait si bon. Mais il n'est pas éternel. Ses nuages semblent s'éloigner au loin. Il n'en reste que quelques mirages à l'horizon. Mais que présage cet horizon? Qu'il y a t'il derrière? J'ai un trésor dans les mains, je ne veux pas qu'il ternisse. Je veux le choyer, je veux la choyer. Je pense être un type bien. Alors pourquoi ais-je l'impression de l'inquiéter? Oui, je fais de mon mieux pour ne pas l'inquiéter. Mais fais-je les bons choix? Dois-je lui camoufler ce que je ne peux lui cacher. Je ne lui cache pas, d'ailleurs. Mais alors d'où viennent ces quelques nuages? Il n'xiste pas de ciels sans nuages, seulement des yeux aveuglés.
-Regarde-toi.
-Oui, je me vois. Malgré ce soleil qui m'éblouit, je sais que j'ai encore mes démons. Je sais que je m'en suis débarassé. Mais on n'oublie pas son passé. Dois-je tenter d'oublier mes démons, dois-je apprendre à vivre avec? Non, je dois la préserver de tout ces ronges qui m'ont tant dévoré. Ne pas regarder derrière soi. Il n'y a que désolation. Devant, le chemins est si clair, mais je ne sais ce qu'il reserve. Je le vois se profiler au loin. Sortir d'une brumeuse forêt, pour s'engager dans une vaste prairie. Je n'ai pas vu le ciel depuis si longtemps, c'est elle qui me l'a apporté. elle m'a pris la main, et elle m'a aidé à sortir de cette lugubre forêt. Je lui en suis reconnaissant. Je ne peux pas la décevoir, comme j'ai pu déjà le faire. J'ai dans les mains le recueil de ma vie. Des sombres pages, à l'encre trop noire, tâché de sang, se profils des jours heureux. Mais comment l'écrire? Je n'ai jamais su écrire à deux mon livre. Pourtant, je lui ai confié ma plume. C'est la seule et la dernière à qui je la confierais. Si elle doit partir, elle emportera ma plume, et mon livre, où qu'elle aille. Au fond, j'ai apprécié qu'elle sache trouver mon épaule pour pleurer, pour se confier, pour lacher un peu de lest. Mes épaules sont solides mon ange, reposes-y toi. Tu ne me feras jamais souffrir comme tu as pu souffrir. Mais ta souffrance est mienne, maintenant. On écrit notre histoire à deux.