Doutez de tout, y compris de ce que vous allez lire.
On dort comme on oublie les heures qui nous défient;
Les rêves où nous étions magnifiques,
Ne sont plus que poussières oniriques.
Je pensais jadis que nous aurions pu nous sauver,
La fatalité naquit de ta volonté.
Seul à présent contre la misère du temps,
Accablé du malheur que tu voulu me faire porter.
Suis-je trop fier pour ne plus me révolter,
que déjà je voulais simplement oublier.
Espérant parfois contre ma volonté,
C'est ton coeur qui me fit saigner.
Hypocrite à tes erreurs que tu m'adossais,
Tu n'étais une colombe mais un corbeau de gré.
Jamais plus de tes griffes serais-je emprisonné,
Tout juste de ton sort je me suis délecté.
Je ne pense plus à présent qu'à m'envoler,
Trop longtemps d'une cage je fus le condamné.
C'est aujourd'hui libre que je souhaite avancer.
Sans ton souvenir qui m'empêche d'évoluer,
sans une espérance craintive de te voir me peiner.
Si des bras aimant venait à m'appeler,
Je m'y blottirais pour mieux m'y reposer.
N'ais-je besoin que d'une épaule pour pleurer,
J'ai envie d'un coeur pour m'y installer.
A qui saura m'offrir ce gîte de damné,
J'offre la promesse d'un avenir que je ne saurais qu'espérer.