Doutez de tout, y compris de ce que vous allez lire.
Ce n'est pas le gris de leurs cheveux noirs
Qui me feront dire le contraire
Ils dansent ensemble, de brun et d'ivoire
De musettes en ginguettes pour se distraire.
Les années ont tissés autour de leurs yeux bleutés
De jolis reflets qui se fondent avec les sourires
Trahissent les doigts devenus rêches et voilés
Dansent ensemble pour mieux se retrouver.
Repoussent encore les chaises qu'on leur propose
Nos vieux ne se laissent pas prendre leur jeunesse
Ne courbent pas l'échine du tronc de leur vieux dos
Ils innondent les pistes des cabarets en detresse.
Quand vient le soir ou s'endorment les couches-tôt
Tournent et tournent et tournent comme pour mieux remonter
Sur une valse blanche pointée ils tiennent front à leurs maux
Le temps des délices n'est qu'un lointain baisé volé.
Ils s'etreignent lentement, comme pour retrouver leur souffle
Refuse obstinément de laisser aux jeunes la cour
Ils s'enlacent... sur cette valse... populaire
Ils se lacent... sur cette valse... la tête en l'air.